L’hôpital à la chapelle bleue

                   Les châteaux et manoirs sont d’ordinaire les sujets de mes explorations, j’aime à en découvrir les trésors cachés, qu’ils soient physiques ou historiques. Cependant, c’est aujourd’hui un tout nouveau type de bâtiment que je vous présente : un hôpital rural datant du début du XVIIIe siècle.

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Bien que classé Monument Historique, celui-ci est livré à l’abandon le plus total depuis plusieurs décennies. Heureusement, ses vestiges continuent à traverser le temps, grâce à l’éloignement des grandes villes et à la protection des riverains.

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La chapelle est la première aile construite. Les religieuses veillent sur cette structure aux dômes bleus jusqu’à l’aube de la Révolution, avant de se retirer. On peut notamment y observer deux absidioles et une alcôve qui abritait sûrement une statuette de vierge.

Le premier étage de l’édifice est assez sobre, puisque ses murs et voûtes sont totalement nus. On découvre, au fil des couloirs, plusieurs pièces vides abritant des cheminées imposantes. Leurs portes ne sont pas plus ornementées, faites de bois brut. Néanmoins, sur l’une d’elles, un soupçon de superstition résiste au temps à travers un fer à cheval.

La bâtisse comporte deux étages, malheureusement, l’effondrement de plusieurs escaliers et planchers ne rend pas l’intégralité du monument visitable. Nous pouvons malgré tout apercevoir certaines pièces depuis le rez-de-chaussée et le premier étage, notamment les anciennes « salle des hommes » et « salle des femmes ».

Après avoir monté l’escalier principal, encore solide, nous nous apercevons que les étages ont été rénovés, d’une façon plus ou moins élégante.

Voici pour cette petite visite qui, je l’espère, vous aura plu. J’espère découvrir d’autres monuments abandonnés dans le Sud de la France. Ceux-ci y sont plus rares que dans le Nord, mais pas moins intéressants !

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La Maisonnette de la Gardienne

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                  Cette petite maison perdue dans la campagne, entourée de champs, a été découverte par hasard. Simple mais néanmoins élégante, cette bâtisse offre de jolis détails comme une mansarde ornée de quatre œils-de-bœufs et un toit ornementé. Des petits bijoux du XIXe siècle qui savent donner du charme à la construction la plus simple.

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Cette maison de gardien n’a pas été épargnée par le temps mais il y demeure cependant quelques petits meubles de vie courante. Quant aux bouquets et pommes de pins suspendus, on ne sait s’ils ont été accrochés par les anciens propriétaires ou bien des promeneurs curieux, mais cela confère une certaine ambiance aux lieux.

Le jardin comporte tout ce dont une petite dépendance a besoin : divers outils de jardinage, un puits, des clapiers et plusieurs cabanes de rangement. De quoi se sustenter mais aussi s’occuper du grand domaine auquel la maisonnette est rattachée.

 

Après avoir visité cette humble demeure, nous empruntons un long chemin bordé d’arbres aux feuilles engourdies par le froid de novembre. Nous découvrons à son issue un immense château XIXème dans un style néo-gothique. Ce sera peut-être l’une de nos prochaines explorations …

L’avenir nous le dira.

L’Intrus

Son cœur ancré au creux de ma poitrine

Tambourine en sursauts, se crispe et crisse,

S’étale en soubresauts, déploie sa lice

En mon poitrail prostré qu’il assassine.

 

Une fois dardée sa bile mutine,

Assis ses vices, déployées ses rixes,

Actée ma paralysie thoracique,

L’Intrus lance l’assaut de mon échine.

 

Muscles ankylosés où il rumine,

Et toujours, chemine et mine, en coulisses,

M’envahit, parasite subreptice,

Puis se démène en guerres intestines

 

Laissant Tout

Sclérosé

Névrosé

Nécrosé 

· Août 2018 ·

Le Château du Griffon

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                         Il y a deux ans et demi, j’eus la chance de découvrir la visite d’édifices abandonnés par des lieux tout à fait majestueux. J’avais déjà visité le Manoir de Bizoin en 2014 par le hasard d’une rencontre photo, mais n’avais pas réitéré l’expérience depuis. Ainsi, cette journée de mai, deux amis me proposèrent d’aller visiter des lieux qu’ils avaient repérés. Je vous avais déjà présenté le joyau qu’était le Manoir à la Chambre Rose, maintenant disparu. Nous visitâmes également un petit manoir rénové en salle des fêtes et une église en ruines que je vous présenterai postérieurement.

Aujourd’hui, c’est de mon coup de cœur de cette journée dont je vais vous parler. C’est un lieu très peu connu et je n’ai jamais vu d’articles ou photographies le mentionnant. Combien de temps ce lieu a-t-il été abandonné ? Difficile à dire. Au moins quelques mois, au plus quelques années.  Quelques semaines après notre visite, il se trouve que le château avait été racheté.

Venons-en au cœur du sujet. Aux alentours de Morlaix, dissimulé par des bois, nous découvrîmes cet immense château datant du XIXe siècle. Ses deux étages étaient encore garnis de nombreux meubles et miroirs finement ouvragés. Les seuls souvenirs des derniers propriétaires consistaient en quelques lettres.

Le grand parc était lui aussi intéressant à visiter, entre ses arbres centenaires, ses fleurs chatoyantes et sa petite chapelle typique.

N’ayant que peu d’informations sur cette visite qui commence à dater, je vous laisse avec les photographies prises à l’époque. N’hésitez pas à m’envoyer vos informations sur l’histoire de ce château !

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Les détails de l’extérieur :

Le rez-de-chaussée :

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Les étages :

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Les combles et la cave :

La chapelle :

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Le Manoir Rose et Bleu (Le Manoir Capharnaüm)

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                Situé en pleine ville, dans un quartier résidentiel tranquille, ce manoir découvert par hasard nous a intrigués plusieurs mois avant que nous nous y rendions. En effet, dans quel état pouvions-nous espérer le découvrir ? Selon une habitante de la ville, la bâtisse était en effet abandonnée depuis plus de trente ans. Les échafaudages, donnant la vague impression d’une restauration, dorment en fait là depuis des décennies, rouillant sous les affres du temps et des intempéries.

La façade du manoir est assez simple : peinte de blanc, seuls la porte et les fenêtres déploient leurs ornements. En effet, la porte de bois massif, à laquelle on accède via des escaliers à double rampes, est enjolivée de dentelles de fer forgée, et le deuxième et ultime étage du bâtiment est paré d’œils-de-bœuf bleu clair.

Nous pénétrons dans le hall d’entrée dans lequel s’accumulent toutes sortes d’objets, plus ou moins anciens. Meubles de diverses époques, journaux, livres, accessoires de cuisine … Une couche d’objets de toutes sortes recouvre le sol du rez-de-chaussée. Nous pouvons tout de même contempler une jolie rosace en plâtre qui décore le plafond et un escalier en assez bon état conduisant aux étages supérieurs.

Le rez-de-chaussée compte un salon où perce, depuis les volets fermés, une lumière diffuse laissant apercevoir un encombrement aussi épais que dans le hall.  Quelques meubles subsistent, laissant croire qu’une seconde vie serait possible pour ce manoir, après un bon nettoyage.

Au fond, la cuisine émerge sous près d’un mètre d’objets. Les fours et le buffet ont conservé quelques pièces de vaisselle. Par la porte-fenêtre de cette cuisine, on accède à une autre entrée du manoir, un petit escalier couvert par un auvent de verre.

Nous montons l’escalier, découvrant l’étage de la bâtisse. Là, une ouverture donnant accès au grenier perce le plafond. Autrement, l’étage comporte deux chambres et une pièce non identifiée : celle-ci comporte deux murs entièrement vitrés, ce qui semble être un prolongement de la véranda extérieure.

Les chambres offrent de belles découvertes. Malgré la décrépitude ambiante, il en reste de beaux vestiges, notamment les papiers-peints aux motifs floraux. Le métal des poignées de fenêtres et des chauffages est travaillé et laisse apercevoir, lorsque l’on s’y penche, de jolis détails. Enfin, la plus petite chambre contient une très belle armoire située près d’une grande fenêtre, ce qui offre l’image mentale de scènes d’autrefois.

Nous sortons du manoir, croyant notre visite terminée. Mais à notre surprise, le fond du parc dévoile de nouveaux secrets. Une voiture ancienne gît au milieu des mauvaises herbes. Derrière elle, un grand abri déborde d’objets. La porte est entourée de plusieurs miroirs ornés. À l’intérieur, remplissant l’espace jusqu’aux plafonds, des meubles rongés par le temps sont entassés. Il est difficile d’en visiter les recoins vu le peu d’espace pour circuler. Pourtant, une mezzanine couronne l’étage … Mais elle aussi a subi l’entassement de la dernière propriétaire des lieux, dont on dit, à raison ou à travers, qu’elle souffrait d’accumulation compulsive …

Le Domaine du Calvaire

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Le Domaine du Calvaire apparaît dès le début du Moyen-Âge sous la forme d’un château fortifié, dont la présence se limite à présent à quelques lignes dans les archives. En effet, ce château médiéval est rasé suite à une révolution politique et seule demeure sa chapelle, hissant toujours sa croix jusqu’aux cieux. Sur les ruines médiévales, le château tel que nous le connaissons est reconstruit au début du XVIIe siècle.

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Plusieurs familles nobles de la région s’y succèdent, bien qu’on n’ait que peu d’informations à leurs sujets. Le propriétaire qui marque les esprits est bien plus récent, puisqu’il rachète le domaine au début du XXe siècle. Fils de paysans pauvres, c’est une réelle ascension sociale pour ce scientifique. Épris des lieux, il passe plusieurs années à rénover l’endroit : les jardins à la française, les deux étages du château, ses douves, sa ferme, sa chapelle. C’est un travail colossal mais ce courageux propriétaire ne perd pas d’énergie, faisant même construire une serre et une orangerie.

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À sa mort, ce scientifique lègue le domaine à une association caritative dont s’occupe son corps de profession. C’est, dès cet événement, de nouveaux usages qui sont faits des lieux. L’association y loge des personnes dans le besoin pendant plusieurs années, jusqu’à ce que la Seconde Guerre Mondiale éclate. Le domaine est alors réquisitionné par les Allemands, avant d’être remis aux autorités françaises pour l’entraînement des forces armées.
Par la suite, les bâtiments sont mis à la disposition d’une unité d’hospitalisation infantile. Enfin, durant ses dernières années d’activité, le domaine accueille les chanceux enfants d’un centre aéré alentour.

Malheureusement, cette effervescence arrive à terme à la fin du XXe siècle. Laissé à l’abandon, le domaine est la proie de curieux pas toujours bien intentionnés. En sont la preuve les nombreux tags qui souillent la façade ainsi que les murs intérieurs, les nombreuses casses gratuites, qui vont jusqu’à un trou dans un mur de plusieurs dizaines de centimètres de pierre …
Malgré les pétitions, un lotissement viendra bientôt entourer le château, détruisant ses dépendances séculaires.

Je vous laisse avec ces quelques souvenirs des lieux.

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Le Manoir aux Lions d’or et d’argent

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                C’est un manoir qui a traversé quatre siècles que je vais vous présenter aujourd’hui. Son extérieur, qui a merveilleusement affronté les affres du temps, a permis qu’il soit classé monument historique à la fin du XXe siècle. Malheureusement, comme nous le découvrirons, cela n’a pas permis la préservation de son enceinte …

Construit par une grande famille de la région, diverses nobles lignées se sont succédé pour habiter les lieux. C’est un édifice de deux ailes, chacune contenant deux étages, qui s’offre à nous. Le manoir comprend des dépendances, dont un corps de ferme et les vestiges d’une chapelle que nous n’avons pas visitée cette fois-ci. Un pigeonnier intérieur, construction assez rare, donne de l’originalité aux lieux.

 

Ce manoir construit au XVIe siècle, en pleine Renaissance, arbore une entrée joliment ornementée composée de trois arches et de deux tours. Le haut du portique est accessible par deux escaliers en colimaçon et offre une vue panoramique sur la forêt alentour et la façade du manoir.

 

En regardant de plus près ce portique sur lequel les plantes ont pris leurs aises, on remarque un four à pain assez bien préservé.

 

Venons-en au manoir. Le lierre grimpant sur les portes cintrées donne au lieu une allure champêtre.

 

 

Cet extérieur magnifiquement préservé laisse présager des pièces en état correct. Malheureusement, l’intérieur s’est révélé très abîmé : l’humidité, en s’infiltrant, a notamment eu raison des sols en bois qui ont pourri. Heureusement, les diverses tours du manoir, plus solides, nous ont permis de visiter les lieux.

Commençons par le rez-de-chaussée, dans lequel on retrouve divers objets … Celui-ci semble avoir servi de salon et de cuisine.

 

Un pigeonnier prend pied au rez-de-chaussée et traverse les deux étages pour s’élever jusqu’au toit du manoir.

 

Des escaliers en colimaçon nous permettent d’atteindre le premier étage. Parmi ses vestiges, quelques cheminées ornementées se font remarquer.

 

Le deuxième étage est peu accessible, mais plus lumineux.

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Une fois la visite de l’intérieur terminée, nous retournons dans la cour de l’édifice. Là, sous un large préau, se trouvent une voiture abandonnée et diverses objets de scierie.

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Nous finissons cette visite par le corps de ferme du manoir où subsistent quelques aménagements pour les animaux. Celle-ci fait face au manoir et en livre une très belle vue depuis l’intérieur.

 

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